Menu
Découvertes...
Liens
Autres destinations...
YEMEN
IRAN
|
L’Oman est un pays méconnu. On n’en parle jamais. On ne le voit jamais. On ne l’entend jamais. Pourtant, ce pays réserve à qui veut bien s’ouvrir à lui ses trésors : des paysages diversifiés et fascinants, une Histoire mêlant le sable brûlant des déserts aux embruns du large, un peuple, une culture à part, nés du brassage de populations asiatiques et africaines, un développement sans excès, une nature sans limites …
Un œil sur la carte
D’une superficie de plus 300 000 km2, le Sultanat d’Oman se situe à l’extrème-est de la péninsule arabique – et partant, du Monde arabe - et rassemble 3 millions d’habitants. Sa capitale est Mascate qui ne rassemble pas 800 000 habitants sur toute son agglomération. Autrefois figé dans le passé, le pays a renoué avec la prospérité à l’ère pétrolière sous le règne du Sultan Qabous Bin Saïd, au pouvoir depuis près de 40 ans. L’Oman est un pays musulman, mais de rite ibadite. Concrètement cela signifie qu’il n’est historiquement ni chi’ite, ni sunnite. Les ibadites sont les descendants des kharijites, les premiers musulmans schismatiques.
.
.
L’Oman, carrefour maritime entre l’Afrique et l’Asie
L’Oman a pour voisins le Yémen au sud-ouest, l’Arabie Saoudite à l’ouest, les Emirats Arabes Unis au nord-ouest, la République Islamique d’Iran au nord, et l’on pourrait également mentionner le Pakistan et l’Inde à l’est à la vue de l’importance des liens omanais avec ces pays. Il faut préciser que le territoire omanais n’est pas continu. La péninsule du Musandam est ainsi séparée du reste du pays pour surveiller le détroit d’Hormuz, et la minuscule enclave omanaise de Madha se situe en plein cœur de l’émirat de Fujairah, aux Emirats Arabes Unis. Notons aussi que l’Iran ne partage qu’une frontière maritime avec le Sultanat, et que le Golfe d’Oman et l’Océan Indien bordent le pays sur son est et au sud.
.
Comprenant 5 mintaqah (provinces) et 3 mohafazah (gouvernorats ; de Mascate, du Musandam et du Dhofar), l’Oman se veut un tout cohérent : Batinah signifie « dorsale » ; Dhahirah, « ventrale » ; Dakhiliyah, « intérieure » ; Sharqiyah, « orientale » et Wusta « centrale ». L’enclave de Madha est administrativement rattachée au gouvernorat du Musandam.
.
L’Oman est formé d’une barrière montagneuse culminant à 3000 mètres au nord – le Djebel Hajar – percée naturellement d’une étroite vallée (la trouée de Samaïl) reliant l’étroite bande côtière dite de la Batinah (la « ventrale »), et les régions de l’intérieur (al-dakhiliyah et al-Dhahirah, la « dorsale ») du pays, où prédomine le climat désertique. Une chaîne de montagnes similaires longe la rive sud du pays et la région de Salalah – plus connue sous le nom de Dhofar -. Cette région reçoit une partie des pluies de moussons venant d’Afrique orientale en été, et est donc connue pour sa verdure et sa relative fraîcheur durant cette saison dans toute la péninsule. Le pied des montagnes régulièrement arrosées, permet la culture d’oasis (plaine de la Batinah et régions de l’intérieur) pour la production de dattes essentiellement. Le désert quant à lui, occupe le reste du pays et n’est traversé que par des tribus chamelières tournées vers l’agriculture pastorale.
La culture d’oasis : l’un des symboles nourriciers de l’Oman
.
Entre mer et désert : l’identité de l’Oman
L’Histoire de l’Oman commence avec ses richesses. Dès le III° millénaire avant JC, les populations autochtones exploitent le cuivre des montagnes du Djebel Hajar. Le minerai était fondu puis exporté vers le Golfe, la Mésopotamie et même l’Inde. Coincés entre l’océan et la montagne, les habitants de la côte de la Batinah se sont très tôt tournés vers la navigation pour survivre. Au II° millénaire avant notre ère, les marins omanais commercent avec la Chine. Le pays est également célèbre pour être la terre du boswellia sacra, un petit arbre dont la résine fut réputée avoir plus de valeur que l’or : l’arbre à encens. A cette époque, la région de l’Oman est essentiellement peuplée d’immigrés yéménites ayant quitté leur pays d’origine après la rupture du barrage de Marib. De l’autre côté du Golfe, la puissance achéménide crée au VII° siècle avant JC un empire tentaculaire dont les rameaux ne tardent pas à s’étendre sur l’Oman et ses trésors. Les Perses s’intallent alors pour plus de 1000 ans sur les côtes omanaises, avant d’en être chassés par l’invasion musulmane des Arabes. Islamisé pacifiquement du temps du Prophète, l’Oman retrouve la paix et sa domination sur les mers. Sindbad le marin, icône de l’aventurier musulman dans les Mille et Une Nuits, aurait eu son port d’attache à Sohar, situé au nord de la plaine de la Batinah. Protégé toutefois du reste de la péninsule par la montagne, mais surtout par l’immense désert du Roub’ al-Khali (le « Quart vide »), l’Oman devient le refuge de la secte musulmane des kharijites, dont le trait principal est l’élection du dirigeant de la communauté (l’imam) par les tribus selon les compétences et qualités humaines et religieuses de la personne, « fût-ce un esclave noir ». Le pays entre alors dans une période de grande prospérité et d’indépendance, en dépit de razzias sporadiques – perses, turques, mongoles – notamment à Sohar, et assoit sa domination sur le commerce dans l’Océan Indien. Des comptoirs omanais apparaissent à Canton en Chine du sud, à Goa en Inde, et sur toute la côte de l’Afrique de l’est. Au plus fort de son Histoire, l’Oman entretient des liens commerciaux à l’est jusqu’en Indonésie, aux Philippines et en Chine, au nord dans le Golfe Persique et jusqu’en Egypte, et au sud jusqu’aux côtes de l’actuel Mozambique et avec l’île de Nocibé, au large de Madagascar.
L’arrivée des Européens dans l’Océan Indien va marquer un tournant en la personne de Vasco de Gama, intrépide navigateur portugais parti au début du XVI° siècle à la recherche de la Route des Indes après avoir franchi le Cap de Bonne-Espérance, à l’extrème-sud de l’Afrique. Pourtant supérieurs en terme de techniques de navigation et de cartographie, les omanais ont rapidement vus leur flotte de boutres – navires non armés équipés pour le transport de marchandises - débordés par l’afflux d’agressifs galions portugais vers leurs rivages. Alfonso d’Albuquerque, prenant la suite de Vasco de Gama, s’empare de Calicut, Goa, puis de Sour, Mascate et Sohar sur la côte omanaise, avant d’atteindre Hormuz, Bahreïn, puis de retourner faire main basse sur les côtes africaines. De cette domination portugaise subsistent les très nombreux forts de la côte de la Batinah. Au XVII°, les portugais sont chassés par une rébellion interne dirigée par un imam de la Batinah, fondateur de la dynastie des Ya’aruba, qui restaure l’indépendance omanaise et redonne à son pays l’air du large. Des colonies sont fondées en Afrique, dont la plus importante se situe à Zanzibar, une île au large de l’actuelle Tanzanie.
.
.
Les fjords du Musandam, entre Golfe et océan.
.
C’est l’Age d’Or de l’Oman. Durant un siècle, le pays retrouve sa position centrale dans l’océan Indien, s’installe au Baloutchistan, étend son influence en Afrique Centrale jusque dans la région des Grands Lacs et au Congo. Pemba, Mombasa, Kilwa, Dar es-Salam mais surtout Zanzibar, qui devient le joyau de l’empire thalassocratique omanais, se transforment en importants ports de transit pour la traite. La région produit également du coton, du sucre, du café et des girofles de l’île de Zanzibar qui en devient rapidement le premier producteur mondial. Mais les imams ya’arubides oublient peu à peu leurs racines spirituelles et se tournent quasi-exclusivement vers le commerce, qui enrichit considérablement les caisses de l’Etat. La guerre civile éclate au début du XVIII° siècle, qui allait confronter le pays à ses démons intrinsèques. Si l’économie est florissante, elle profite surtout à la côte de la Batinah. L’intérieur du pays s’estime alors lésé et une révolte de type religieux est menée contre le pouvoir central qui, par crainte d’être débordé, fait appel à la Perse du conquérant Nader Shah. Ce dernier débarque en Oman en 1739, mais finit promptement par unir l’ensemble du pays contre lui. D’une guerre intertribale, le conflit trouve une orientation nationaliste dans le rejet des Perses qui quittent définitivement la côte omanaise en 1741. Cette victoire porte à la tête du pays le leader de la guerre contre l’Iran : Ahmed Bin Saïd al-Boussaïdi, qui fonde la dynastie des Bou Saïd qui règne encore de nos jours en Oman.
Le XIX° siècle constitue le début d’un profond déclin pour la puissance omanaise confrontée une seconde fois à l’arrivée des européens et de leurs navires à vapeur. Menacé à l’intérieur par les incursions wahhabites (doctrinaires musulmans dont les descendants créeront au XX° siècle l’Etat d’Arabie Saoudite) et par le déséquilibre croissant entre les régions asiatique et africaine de l’Oman en faveur de cette dernière, le pays finit par imploser en 1856, facilitant une reprise en main par les britanniques soucieux de sécuriser « leur » Routes des Indes. Le Sultanat de Mascate et d’Oman périclite, mais à la différence de l’île de Zanzibar qui deviendra protectorat de la Couronne de Londres, il conservera son indépendance explicite, du fait de la rivalité dans la région entre l’Angleterre et la France, son concurrent direct présent au sud-ouest de l’Océan Indien. La flotte omanaise en est réduite au cabotage sur de courtes distances, suite à l’ouverture du canal de Suez en 1869 qui consacre un afflux massif de bâtiments européens dans le Golfe d’Oman. Devenu de fait le vassal de la Couronne britannique, le sultan n’exerce plus de réelle autorité au-delà de la région de Mascate et autour de Salalah. Renfermé sur lui-même, l’Oman lutte autant contre ses ennemis internes, partisans d’une restauration de la pensée ibadite, qu’extérieurs. L’imamat de Nizwa fait ainsi concurrence au sultanat de Mascate ; situation qui aboutit en 1920 à la signature du Traité de Sib, où les deux entités se reconnaissent mutuellement tout en consacrant la partition du pays.
Dans la Guerre Froide, la région du Dhofar en 1964 devient la proie d’une lutte armée aux accents marxistes dont les combattants sont soutenus par la République Populaire du Yémen, ou Yémen du sud, proche de l’Union Soviétique. La guerre va déchirer le pays durant une longue décennie, et cela ne sera qu’avec l’arrivée au pouvoir de Qabous Bin Saïb à Mascate en 1970 que le tournant décisif sera opéré. Le nouveau sultan va, avec l’aide militaire des britanniques mais surtout de l’Iran du Shah, neutraliser la rébellion, puis conduire l’unification du pays et son ouverture progressive au monde et à l’économie de marché. Après 38 ans de pouvoir, l’actuel sultan a littéralement transformé son pays en l’ancrant résolument vers le XXI° siècle. D’un pays divisé, ruiné et isolé à son arrivée, l’Oman est devenu un pays prospère grâce aux revenus du pétrole et du gaz, dont l’exploitation a commencé dans les années 60, à la conduite d’une diplomatie de bon voisinage avisée, et la prise en compte de la nécessité d’un développement humain et rationnel de son pays, contrairement à nombre de ses voisins.
.
.
Quelles perspectives ?
L’avenir reste malgré tout incertain pour plusieurs raisons. La première est la question de la succession du sultan Qabous. Celui-ci n’a en effet aucun héritier direct. Ensuite, vient le problème de la reconversion de l’économie omanaise, encore largement tournée vers l’exploitation des hydrocarbures dont les quantités estimées ont encore été revues à la baisse en Oman. Le tourisme, notamment naturel, est ainsi une des pistes étudiées pour le futur ; l’Oman bénéficiant de nombreux écosystèmes très riches. Le sultan, premier dirigeant « vert » du Monde Arabe, s’est en cela très tôt engagé dans la lutte pour la préservation du patrimoine naturel de son pays.
Le drapeau omanais représente le sang versé par la nation (rouge), la richesse des oasis (vert) et la paix dans l’unité du pays (blanc) ; les armoiries du coin supérieur rassemblent un khanjar (poignard) traditionnel et deux kittarah (sabres locaux).
Après cette nécessaire présentation du pays, j’espère avoir suffisament mis en lumière les traits principaux, et les clés pour mieux comprendre ce pays méconnu, disais-je, qui gagne aujourd’hui tant à être découvert. Ahlan wa sahlan fi ’Oman ! (Bienvenue en Oman !) Et bonne lecture !
|
Publié à 12:59, le 31/12/2008, Mots clefs : |
Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
.
.
Le fort de Mirani fut construit par les Portugais au XVI° siècle, en même temps que le fort de Jalili de l’autre côté de la crique de Mascate, afin de protéger l’une des clés de leur domination maritime de l’Océan Indien de l’époque.
Il est difficile de bien appréhender Mascate, capitale séculaire du sultanat. Il ne s’agit pas d’une ville, mais plutôt de plusieurs « villes » dont une du nom de « Mascate » (Masqat en Arabe) se trouve être le centre politique d’une vaste agglomération s’étendant sur plus de 40 kilomètres à l’extrème sud-est de la plaine côtière de la Batinah, dans un endroit où on ne sait qui de la mer ou de la montagne a empiété sur le territoire de l’autre.
Comment aborde t’on Mascate ? Historiquement, Mascate doit être atteint par la mer sous deux aspects. Physiquement d’abord, il ne fut jusqu’au XX° siècle possible de se rendre dans cette crique étroite que par bateau. Culturellement ensuite, le siège du pouvoir temporel du sultan ne peut être facilement détachable de l’océan qui a fait sa puissance et sa renommée. Pourtant aujourd’hui, Mascate est abordé plus sûrement par la route qui relie désormais le « petit » Mascate au reste de l’ensemble connu pour le reste du monde sous le nom de Mascate, plus à l’ouest, en direction de là où la ville pouvait physiquement s’agrandir.
Le palais du sultan n’a pas changé de place depuis l’arrivée des Portugais au XVI° siècle. Le quartier de maisons de chaux blanche rassemble également sur un petit espace, dans lequel on a peine à croire que la plus grande puissance historique maritime de l’océan indien a pu se contenter, des ministères dont beaucoup toutefois ont été « délocalisés » vers des zones de l’extension urbaine mascatie, notamment dans le quartier d’Al-Khuwair. L’ancienne demeure du consul de France s’y trouve également encore. Cette maison traditionnelle est devenue le Musée Franco-Omanais ; l’ambassade actuelle ayant également pris ses quartiers dans des locaux plus vastes, à 15 kilomètres de là !
Mais le cœur vibrant de Mascate s’est aussi éloigné de ce qui est aujourd’hui l’extrème-est de l’agglomération, avant les bandes de sable et criques désertes coincées dans de profondes calanques dégarnies. Mascate c’est aujourd’hui Qurum, Ruwi et Seeb. L’aéroport international de l’agglomération se situe d’ailleurs dans cette dernière cité, à 40 kilomètres des petites baies inaccessibles qui ont vu passer les grandes heures de l’empire omanais. Tourné vers la modernité, la ville se veut à l’image de tout un pays.
.
.
Vue de la Corniche reliant Mascate au vieux port de Matrah, cœur commercial historique de la ville.
|
Publié à 12:12, le 31/12/2008, dans Tourisme, Mots clefs : |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
.
.
Grande mosquée de Nizwa (région de l’Intérieur) alors que le muezzin entame son appel à la prière des fidèles.
Qu’est-ce donc ces musulmans si singuliers que les ibadites ? Relativement majoritaires au sein de la population omanaise (environ 45%), les fidèles ibadites sont plus une curiosité de l’Histoire de l’Islam qu’une école de pensée religieuse à distinguer largement de ses homologues sunnite et chi’ite.
Petit rappel : les sunnites suivent la sunna, ou « tradition » islamique. Ils reconnaissent des successeurs au Prophète (des « califes » ; khalifat signifie d’ailleurs « successeurs » en Arabe) chargés de guider la ‘oumma, la Communauté des Croyants musulmans. Ces califes furent d’abord des descendants de compagnons du Prophète, puis des dynastes impériaux que l’Histoire porta à la tête d’un pouvoir temporel considérable, pour s’arroger par la suite une aura spirituelle. Le Califat fut aboli en 1924 par Mustapha Kemal Atatürk, et les sunnites représentent aujourd’hui plus de 80% de l’ensemble des musulmans de la planète. Les chi’ites ensuite, reconnaissent l’autorité de douze Imams (« chefs » ou « guides »), tous descendants du Prophète par la lignée d’Ali, gendre de Mahomet et premier Imam. Le douzième ayant été occulté au IX° siècle à cause de l’impureté spirituelle des humains, les chi’ites attendent maintenant le retour de celui-ci pour sauver le monde. Les chi’ites sont les « partisans » (shi’a, la partition en Arabe) d’Ali et reconnaissent sa légitimité en tant que chef de la communauté musulmane, contre les califes représentés par la branche de Mo’awiyah, l’un des compagnons du Prophète et fondateur de la dynastie Omeyyade. La schisme entre sunnites et chi’ites trouve son origine en 657 à Siffin, dans l’actuel Irak, lors d’un arbitrage entre Ali et Mo’awiyah qui tournera en défaveur du premier. Le divorce fut consommé et allait empoisonner l’Histoire de l’Islam jusqu’à aujourd’hui. Quinze à 20% des musulmans du monde se réclament du chi’isme.
Qui sont les ibadites dans cette Histoire ? Il s’agit en fait des premiers schismatiques de l’Islam, ceux qui refusèrent dès le début l’idée même d’un arbitrage divin entre Mo’awiyah et Ali, car seul le Divin peut être juge. Ils fondèrent le courant des kharijites (« ceux qui ont quitté ») qui se distinguèrent notamment à leur débuts par la violence de leurs attaques aussi bien contre les sunnites que les chi’ites. Les ibadites d’aujourd’hui sont les lointains descendants de ces hommes, mais présentent une forme beaucoup plus modéré et unique survivante du kharijisme originel dont ils récusent les méthodes. Ils s’installent dès les années 750 de l’ère chrétienne dans les montagnes de l’Oman, isolées et protectrices.
De nos jours, les ibadites représentent moins de 1% de la communauté musulmane mondiale, et l’Oman est le seul Etat où l’ibadisme est le courant musulman dominant. A l’autre bout du monde arabe, on peut être surpris par la présence d’autres membres de cette communauté sur l’île de Djerba en Tunisie, ainsi que dans les montagnes du Mzab algérien, au centre du pays. Il s’agit de descendants de croyants minoritaires dans leurs contrées, et désireux d’être protégés par la géographie en cas d’échauffement de l’Histoire. De fait, leur rite est très proche du sunnisme répandu dans le Golfe, et présente une large tolérance vis-à-vis des autres religions. A ceci près que les ibadites prient les bras le long du corps (comme les chi’ites) et ont normalement à la tête de leur communauté un Imam, élu par la communauté sans distinction de filiation aucune, mais juste au titre de ses valeurs humaines et religieuses. Le siège traditionnel de l’Imamat omanais se situait à Nizwa, d’où les pouvoirs spirituels du bonhomme concurrençaient les temporels du sultan à Mascate. Ce fut pourtant ce dernier qui emporta définitivement la mise au XX° siècle. Le dernier Imam de la communauté a disparu des pages de l’Histoire dans les années 1970 alors qu’il était en exil, laissant le sultan seul maître de l’Oman. Pour autant, ce dernier ne s’est nullement arrogé un statut de leader spirituel et le pays est un exemple relativement bon dans le monde arabe d’un pouvoir temporel séparé du religieux.
|
Publié à 12:28, le 30/12/2008, dans Culture et Société, Mots clefs : |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
.
Falaj du village de Misfah (région de Bahla) situé à flanc de montagne.
Ce qui fait l’identité de l’Oman, c’est aussi son statut de pays aride et isolé du reste de la péninsule arabique par des dunes brûlantes, et séparé des Indes par l’océan. Les montagnes du pays sont la bénédiction des habitants à qui elles accordent protection et subsistance.
Les montagnes recueillent l’eau des pluies, celles qui arrivent essoufflées après des milliers de kilomètres parcourus depuis l’Afrique orientale, et déversent leurs dernières réserves. C’est le Yémen qui fut historiquement connu sous le nom d’Arabia Felix, l’Arabie rendue Heureuse par les eaux du ciel. En Oman, l’eau garde une importance capitale comme dans toute la région. On maîtrisa très tôt ses caprices pour cultiver des arbres fruitiers – des palmiers-dattiers surtout – et pour l’amener jusqu’aux habitations.
Le falaj est le symbole de ce savoir-faire hydraulique millénaire que les omanais doivent aux antiques Persans et à leur modèle de qanat, introduit alors que ceux-ci dominaient la côte omanaise, celle du Pays de Majan, jusqu’à l’arrivée de l’Islam. Le falaj est un canal d’irrigation utilisé pour capter l’eau des sources situées dans et au pied des montagnes, et formées par l’écoulement des eaux de pluies tombant depuis des générations. Plusieurs de ces antiques canaux en excellent état de conservation sont classés à l’UNESCO, et représentent un patrimoine exceptionnel que l’on ne peut séparer de l’identité culturelle omanaise.
|
Publié à 12:46, le 29/12/2008, dans Culture et Société, Mots clefs : |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
.
Enfants du village de Misfah, oubliant la chaleur accablante le temps d’une petite baignade dans le falaj du village que tous les adultes leur pardonneront. Nul doute que comme depuis nombre de générations, ils se souviennent l’avoir fait au même âge… Devenus grands, ils les envieraient presque !
|
Publié à 12:50, le 28/12/2008, dans Instantanés..., Mots clefs : |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
.
Parvis du complexe palatial du sultan Qabous à Mascate.
Mascate reste toujours le siège du pouvoir central de l’Oman. Le sultan réside ici depuis des siècles, dans cette baie isolée du reste du monde. Mais au XXI° siècle, le sultan n’est plus aussi cloîtré qu’avant. Son palais ne se visite pas, mais il est facilement accessible de se rendre à ses abords pour faire une photo souvenir dans un décor quelque peu empreint d’une noblesse toute britannique. Si le palais du sultan, qui date du règne du sultan actuel, ressemble plus à une discothèque des seventie’s qu’au palais de Buckingham à Londres, il reste l’héritier des anciennes places fortes d’où était dirigé le colossal empire maritime omanais. A noter que le kiosque palatial a les pieds dans l’eau et le regard, comme il se doit, tourné vers le large.
|
Publié à 06:10, le 27/12/2008, dans Tourisme, Mots clefs : |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
.
Corniche de Matrah.
Matrah se trouve à moins de 4 kilomètres à l’ouest de Mascate, dans une nouvelle crique propice à l’établissement humain. Il est difficile de dater l'âge de celui-ci sur le site de Matrah, en fait précurseur de Mascate. Le port fut longtemps la capitale économique du sultanat et le sultan y possèdait dans le temps une résidence secondaire. Plus vaste que la crique de Mascate, celle de Matrah permettait à des navires de fort tonnage d’y mouiller le temps d’une escale sur la route des Indes ou de l’Afrique, ou lors d’un transbordement de marchandises. En 1970, Mascate et Matrah représentaient la quasi-totalité de l’agglomération mascatie. Une seule route de 5 kilomètres reliait alors les pôles économique et politique du pays. Il s’agissait en ce temps de la seule route goudronnée du pays…
Aujourd’hui, le port moderne accueille des cargos que jouxtent des boutres (ou dhows) sans âge. Le quartier de Matrah a préservé sa forme originale jalonnée de rues tortueuses et de maisons traditionnelles entre lesquelles s’épanche un souk pluri-centenaire… quasi-neuf !
.
.
Maisons traditionnelles d’anciens riches négociants commerciaux, ayant conservé leur balcon à encorbellement et leur revêtement de chaux blanche.
|
Publié à 07:58, le 26/12/2008, dans Histoire, Mots clefs : |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
.
Une des allées du souk, désormais couvert, de Matrah.
Comme partout au Moyen-Orient, souks et bazars sont des lieux de socialisation importants dans lesquels vit toute une société ; celle des artisans, des commerçants. Pas d’exception à Matrah où depuis des générations tout le monde se connaît et cohabite dans le même environnement en quête des mêmes intérêts. Le souk de Matrah, qui fut restauré il y a quelques années dans le cadre de la politique de mise en valeur du patrimoine historique du sultan, est sûrement l’un des emblématiques de la diversité du pays. La langue Arabe y côtoie l’Anglais bien sûr – langue que parle la quasi-totalité des omanais de moins de quarante ans – mais aussi l’Hindi, le Tamoul, le Swahili, le Baloutche et le Persan.
Matrah est en réalité une vaste mosaïque ethnique divisée en différents quartiers connus seulement de la population locale. Là les Banians – descendants des riches marchands indiens installés en Oman depuis le XVII° siècle – là les Baloutches – ayant quitté le Baloutchistan que l’Oman domina jusqu’en 1959 pour partir gagner de l’argent dans un pays que le pétrole récemment découvert allait immanquablement enrichir – et ici les Lawatis – musulmans chi’ites indiens – les Omanais d’Afrique – venant de la région des Grands Lacs, du Congo, du Burundi et de Tanzanie - … Mais la majorité des populations issues de l’étranger en Oman sont désormais celles rassemblant les immigrés récents ; ceux venus d’Inde, du Sri Lanka, d’Indonésie ou des Philippines.
Se promener dans ce souk, baigné d'entêtantes effluves d'encens que les commerçants font brûler devant leurs étalages, et duquel la modernité a retiré nombre de charmes, reste toutefois fort agréable. Se dire que depuis des temps immémoriaux, des gens de nationalités et d’horizons différents s’y côtoient dans l’harmonie de l’intérêt commercial, ne peut que rassurer sur le sort d’un pays traditionnellement ouvert, mais n’étant sorti qu’il y peu d’un repli sur soi considérable.
|
Publié à 01:07, le 26/12/2008, dans Tourisme, Mots clefs : |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
.
Bassin artificiel du parc de Qurum.
La préservation des sites et du patrimoine naturels de l’Oman fut l’une des priorités de la politique nationale du sultan Qabous. A Qurum, ancienne banlieue de Matrah, un grand parc au vert étincelant dans cette atmosphère très chaude mais humide fut créé. Son but était de permettre d’abriter plusieurs espèces d’oiseaux ayant toujours eu coutume de fréquenter cette zone où l’urbanisation galopante du dernier quart du XX° siècle allait menacer cependant leur habitat, de même que leurs habitudes. Le cyclone Gonu de 2007 a malgré tout largement endommagé la réserve naturelle et des travaux sont toujours en cours. Le parc est aussi un lieu de détente pour des familles de mascatis en quête de fraîcheur et de verdure.
|
Publié à 08:12, le 25/12/2008, dans Tourisme, Mots clefs : |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
.
Plage de Sarooj au coucher du soleil; longue de plusieurs kilomètres, seule l'extrémité est a conservé son aspect d’ « avant » Gonu.
.
Le pays reste encore très affecté par le cyclone Gonu qui dévasta la côte mascatie en juin 2007, causa près de 50 morts et 30 blessés dans le seul sultanat, ainsi que 23 morts sur la côte iranienne. Le littoral omanais garde encore des cicatrices un an après la catastrophe. De nombreuses plages furent éventrées et des marais, asséchés avant le passage du cyclone, se sont reformés derrière les bandes de sable. Tous les wadis, habituellement secs à cette période de l’année, ont mis les pieds dans l’eau l’ensemble de la zone commerciale de Qurum notamment (Qurum désigne en Arabe un arbre des mangroves). Enfin, plusieurs routes de la côte furent détruites. Encore aujourd’hui, la corniche reliant Matrah à Mascate, au-dessus de la mer, est toujours en travaux. Gonu fut le plus puissant cyclone jamais enregistré dans le Golfe d’Oman. Les fortes dépressions y sont normalement rares ; la précédente datait des années 70. Alarmées par le réchauffement climatique global, les autorités omanaises craignent de nouveaux cyclones dans les années qui viennent, et tentent désormais de s’y préparer. De fait, les omanais ont gardé de réelles séquelles psychologiques d’un épisode naturel ayant coûté des millions de dollars de dégâts.
|
Publié à 08:22, le 24/12/2008, dans Histoire, Mots clefs : |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
.
A 50 kilomètres à l’est de Salalah, le wadi Darbat offre un cadre inattendu en Oman.
Se rendre en Oman sans venir honorer le Dhofar serait péché. Avec Mascate et le soleil implacable de la Batinah, c’est le jour et la nuit. La région du Dhofar, non contente d’être la terre mythique de l’encens, est également un paradis très prisé par les Arabes du Golfe en été. A cette période, c’est la saison du kharif (qui signifie singulièrement « automne » en arabe), celle de la mousson, des pluies portées depuis le Golfe du Bengale à travers l’océan Indien. Historiquement, le Dhofar faisait partie d’une région plus vaste qui s’étendait vers l’ouest, l’Hadramaout et les montagnes du Yémen, une région qui était connue par les Romains sous le nom d’Arabia Felix : la terre d’Arabie bénie des eaux.
La zone côtière de Salalah connaît un climat frais et peu humide toute l’année. En été, il fait jusqu’à 20 degrés de moins qu’à Mascate ! C’est le coin le plus frais de toute la péninsule ! Vitrine d’une nature verdoyante, le wadi Darbat nous plonge alors dans un décor saisissant où arbres et rochers semblent avoir fait l’eau reine. Ici, pas de palmiers contrairement au nord, où ceux-ci dominent les vallées, mais des arbres feuillus. Comme partout en Oman, la région environnante du Djebel Samhan est propice à la randonnée. Beaucoup de touristes venus du nord se contentent toutefois de passer un après-midi entre amis ou en famille à faire trempette et boire un café (et non du thé) - la boisson nationale en Oman – ou de l’eau minérale – de la marque « Darbat » par exemple…
.
.
Les arbres de la vallée peuvent paraître presque communs à des Européens. Sauf qu’ici, ils ont su s’adapter à un milieu où l’eau reste capricieuse tout au long de l’année.
|
Publié à 11:54, le 23/12/2008, dans Tourisme, Mots clefs : |
Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
.
En plein centre de Salalah, cocotiers, manguiers et autres bananiers dont les fruits sont directement vendus sur le bord de la route.
Salalah se veut le cœur et l’âme de la côte dhofarie. La ville se situe aujourd’hui à peu près au même emplacement que le port antique de « Dhofar », qui donna son nom au gouvernorat actuel, dont les limites s’étendent jusqu’aux portes de l’Arabie Saoudite en plein désert. Culturellement proche du Yémen, cité où le cocotier est roi, Salalah désormais s’agrandit et se tourne vers le monde extérieur. Si son statut de ville portuaire de l’encens lui avait déjà conféré une renommée internationale, la capitale dhofarie est désormais dotée d’un terminal maritime en eau profonde et d’un aéroport international. Des projets économiques sont à l’étude pour faire évacuer à long terme une partie du pétrole du Golfe par le Dhofar. Une idée qui aurait l’avantage d’éviter le passage par le détroit d’Hormuz, tant sujet de tensions. La question d’une entente régionale au sein du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) pour parvenir à une traversée du désert (du Roub al-Khali) fait encore encore largement débat quant à sa faisabilité…
|
Publié à 11:59, le 22/12/2008, dans Politique, Mots clefs : |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
.
Au petit matin, les dernières tortues marines quittent la plage après avoir pondu des centaines d’œufs.
L’Oman est un pays au patrimoine naturel exceptionnel. Celui-ci se veut mis en valeur par le gouvernement bien conscient de la manne qu’il pouvait représenter. Mais quand on veut exploiter un filon, doit-on prendre le risque de le perdre ?
Le pays se situe sur les axes de migration des tortues marines dans l’océan Indien. Ces animaux vivent le plus clair de leur existence dans l’eau, mais leur statut de reptile les oblige à protéger leurs œufs non adaptés à la vie marine sur terre. Comme de vraies boussoles, les femelles tortues viennent donc pondre sur les plages de certaines côtes avec une régularité déroutante. A l’instinct, et grâce au champ magnétique terrestre, elles parviennent à retrouver la plage où elles sont nées afin de mettre elles-mêmes bas. Farouches, les tortues attendent l’obscurité complice de la nuit pour aborder la plage.
L’extrême-est de la péninsule arabique est l’un des lieux de ponte favori des tortues marines. Chaque année, spécialement de juin à octobre, elles se relaient pratiquement chaque nuit pour accomplir leur unique devoir de maternité. A Ra’s al-Had et Ra’s al-Junaiz, à l’est de Sour, le gouvernement a limité l’accès aux plages pour le public. Un permis est nécessaire pour s’y rendre ; il coûte un rial omanais (moins de deux euros). Si l’idée est charitable, elle masque aussi un déficit consternant de respect à l’égard des tortues au vu du nombre de personnes et du manque d’encadrement lors de « sorties » de touristes se comportant comme à la foire.
Mon expérience fut atterrante. Flashs, cris, coups et encerclements de deux braves tortues apeurées et surprises au lever du soleil par une quarantaine de personnes, adultes et enfants, gesticulant toutes voiles dehors. Personne du camp ne semblant émettre de remarques. J’ose croire qu’il s’agissait d’un mauvais jour. Mais si les autorités omanaises entendent protéger les tortues avec si peu de responsabilité, elles feraient mieux de les laisser en paix.
|
Publié à 07:09, le 17/12/2008, dans Tourisme, Mots clefs : |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
.
Mosquée de Bibi Maryam
L'autoroute arrive. Elle reliera sous peu la capitale à Sour à l'est, désenclavant ainsi la région. Le bitume n'est pas encore visible partout, et pourtant, une partie de l'autoroute est carrossable. Celle-ci surplombe l'océan, coinçant les voitures contre la montagne. Le littoral est superbe, mais un peu monotone. Sans panneau, difficile de remarquer la sortie « Qalhat ». C'est un village. Un village de pêcheurs comme il y en a beaucoup sur la côte du golfe d'Oman. Comme dans de nombreux autres endroits, l'Histoire se fait discrète. Seules quelques rares ruines en témoignent. Des galions au large, des tirs, des cris, du feu... Qalhat ne fut pas toujours qu'un village escarpé quasi-anonyme. Le village fut l'un des grands ports de la puissance omanaise médiévale. En 1507, les Portugais ont abordé cette côte. Ils la ravageront jusqu'à Hormuz, plus au nord, pour étouffer le pouvoir omanais, et imposer une nouvelle domination portugaise sur l'Océan Indien. L'Inde du Sud avait déjà été soumise. Frappés de terreur, les villageois désertent alors le site.
De la ville médiévale, la richesse est révélée par la mosquée solitaire de Bibi Miryam, qui survécut aux flammes. Depuis, certains Omanais un peu mystiques, attribuent des vertus magiques au petit oratoire. Souvenir figé fièrement dans la pierre au-dessus des flots.
|
Publié à 07:19, le 16/12/2008, dans Histoire, Mots clefs : |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
.
Les dauphins sont les compagnons obligés de tous les caboteurs du Musandam. C'est une rencontre des plus plaisantes dans les vertigineux fjords du petit gouvernorat, co-gardien du détroit d'Hormuz.
|
Publié à 07:43, le 15/12/2008, dans Instantanés..., Mots clefs : |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
.
.
Site archéologique de Bat, région d'Ibri.
;.
L'Oman garde encore des traces de sa période antique. La région d'Ibri, aux marches du désert du Roub al-Khali, compte plusieurs sites d'occupation humaine dans les premiers escarpements du Hajar occidental. Les sites sont isolés, et difficilement décelables. A Bat pourtant, après une route sinueuse à travers les champs et le sable, lever le nez promet un spectacle impressionnant. Sur plusieurs centaines de mètres, des tas de pierres ressortent des crêtes. Certains ont été reconstitués, retrouvant leur aspect initial. Dans la chaleur implacable, l'ombre et la fraîcheur d'une tombe! Car c'est bien de cela dont il s'agit. Ces sites de nécropoles sont aujourd'hui classés à l'UNESCO.
|
Publié à 07:51, le 14/12/2008, dans Histoire, Mots clefs : |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
|